Cameroun : Aujoulat : « c’est lui qui a introduit et imposé la sodomie au Cameroun, l’ennemi intime de Um Nyobe, qui nous a imposé ce que nous vivons aujourd’hui ».

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Cameroun : Aujoulat : « c’est lui qui a introduit et imposé la sodomie au Cameroun, l’ennemi intime de Um Nyobe, qui nous a imposé ce que nous vivons aujourd’hui ».

Tel un rappel historique, le journaliste Edourd Kingue fait ci-dessous, une note de lecture d’un ouvrage du Dr Simon Nken au sujet de l’homme politique français Louis Paul Aujoulat, qui a marqué les régimes au pouvoir au Cameroun depuis l’indépendance.

L’autre Aujoulat

Le Dr. Simon Nken est historien. Il a étudié à l’université de Yaoundé I et à l’université de ParisI Panthéon Sorbonne. Il s’est entre autres penché sur Aujoulat, le mal aimé des camerounais. Son travail s’intitule : « Aujoulat, le père du régime Biya. Voici comment nous en sommes arrivés là », paru en août 2019.

L’auteur a, en effet, osé s’immiscer, avec opiniâtreté, dans les secrets les mieux gardés du colonialisme français en Afrique noire Néanmoins sa démarche est restée celle d’un chercheur, c’est-à-dire sobre, élaborée et documentée, excluant les potins et le sensationnalisme de type journalistique. Il y évoque des faits qui se poursuivent jusqu’à nos jours. « Le lecteur s’y verra offrir des clés de compréhension dépassant l’identité de l’architecte français d’un certain néocolonialisme français » au Cameroun. « L’on y découvre l’origine des tares systémiques des éternelles colonies françaises sous les Tropiques ».

«L’image de Louis-Paul Aujoulat dans la conscience populaire de certaines régions du Cameroun reste figée sur le médecin missionnaire qui apporta l’hôpital et l’école moderne aux populations», estime Simon Nken. A y voir de près, il s’agit d’une «naïveté savamment entretenue», juge l’historien. En effet, le mandat de Louis-Paul Aujoulat à la tête d’Ad Lucem n’a pas été aussi linéaire et exclusivement consacré au social et au service de l’Eglise. Le médecin français a exercé de nombreuses fonctions politiques et administratives au Cameroun

Comme le décrit Enow Meyomesse dans un ouvrage intitulé : « Paul Soppo Priso, l’homme qui vainquit Aujoulat en 1954. »

Ange ou démon ? « La question est un peu gênante parce que beaucoup d’acteurs sont encore aux affaires et le rôle du docteur est très controversé dans l’histoire de notre pays pré et post coloniale », répond un interlocuteur.

Le pouvoir d’Ahidjo à Biya est campé comme une émanation de ‘l’aujoulatisme’. On le présente comme celui qui a organisé le mariage et le divorce entre les deux hommes d’Etat, de même que l’organisateur des massacres en Sanaga-Maritime.

Il est aussi l’inspirateur du système politico-administratif mis en place par le colon et qui perdure encore aujourd’hui : corruption, mœurs, ostracisme, oppression, réseaux hors desquels point de salut etc.

Certains ne sont pas tendre, et pas qu’un peu avec Aujoulat : « c’est lui qui a introduit et imposé la sodomie au Cameroun, l’ennemi intime de Um Nyobe, qui nous a imposé ce que nous vivons aujourd’hui ».

Et le séminaire mais pas seulement, pour ce catho bon teint aurait été le vivier de recrutement et de formation des futurs dirigeant camerounais. Beaucoup qui sont passé par là et qui étaient ou sont encore aux affaires sont taxés d’aujoulatistes. . Le docteur Louis-Paul Aujoulat foule le sol camerounais par l’entremise de l’association Ad lucem en 1935. Sous le manteau de la charité chrétienne, il s’implique dans la vie sociale politique du Cameroun avec l’objectif affiché de maintenir le pays dans le pré carré français

« Il fallait bien qu’ils aillent à l’école et seule l’école missionnaire dans ces contrées leur en donnait l’opportunité. S’agissant des intellectuels dont les œuvres perdurent après le départ de leurs auteurs, le mérite en revient à Aujoulat ou au génie de ces jeunes camerounais ?

Combien peuvent se comparer aujourd’hui à ceux-là au plan de la formation scolaire, humaine et le statut d’intellectuel ? Les Joseph Mboui, Thomas et Stanislas Melone, Marcien Towa,

Eboussi Boulaga, Engelbert Mveng et j’en passe ? » s’indigne t-on lorsqu’on accuse Aujoulat de tous les péchés d’Israel.

Par Edouard Kingue.

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