Cameroun – Digitalisation de l’administration publique : Des campus numériques en gestation

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C’est le nœud gordien de la signature du mémorandum d’entente, effectuée le 10 juillet 2023,  entre l’Etat du Cameroun représenté par Joseph Le, ministre de fonction publique et Koica dont le signataire était Gyuhong Lee, son Directeur  pays. Les documents ont été paraphés  en présence du Secrétaire Général du ministère de l’économie, de la planification et de l’aménagement du territoire.

L’implémentation réussite de la Stratégie Nationale de Développement (SND30) passe sans doute,  par la mise à disposition d’une administration répondant aux défis de la modernité. Entre environnement propice à la corruption et prisonnière du poids de sa paperasse, l’administration publique camerounaise peine à trouver ses marques dans un monde plus que jamais numérisé.  C’est dans le souci de s’arrimer  à cette  exigence, que le pays de Paul Biya  vient de marquer un point important,  en signant un mémorandum d’entente avec l’Agence Coréenne de Coopération Internationale (Koica).

Intitulé  Project for Enhancing Awareness and Capacity Building for Public Service Transformation in Cameroon, il vise prioritairement la  transformation des compétences manuelles des agents publics vers les compétences numériques harmonisées, pour un meilleur service public en ligne aux profits des entreprises et des citoyens. « Il s’agit de quelque chose de très important de pratiquement révolutionnaire.  Nous sommes aujourd’hui à la première étape qui consiste à la signature et ensuite il y aura la signature des agréments  entre le Minepat et Koica. Nous sommes véritablement entrain de mettre le projet sur pieds » souligne Joseph Le.

Nourrissant la précieuse ambition de former un total de 350 000(trois cent cinquante mil)  agents publics pour une période de 5 ans, la phase de mise en œuvre de ce  projet s’activera à construire 3 Campus numériques  à l’ENAM, ISMP et à SUPTTIC, tout en réorganisant  les procédures de mise en œuvre des projets d’informatisation afin d’assurer l’interopérabilité entre les systèmes d’information de l’administration ainsi que ceux des parties prenantes. De manière spécifique,  il contribuera  à  l’harmonisation de la politique de digitalisation des services publics, la mise en place d’un service public numérique pour une meilleure qualité et la  disponibilité (24h/24), des services aux usagers ainsi que la garantie  d’une souveraineté numérique pour une croissance économique : « Il s’agit d’un mémorandum qui permet de véritablement implémenté la digitalisation des administrations  au Cameroun. Nous avons constaté que  dans le cadre des missions qui sont les nôtres, il fallait implémenter certaines reformes dans les administrations.  il y avait un peu comme des réticences envers  cette culture. C’est pour ça qu’avec nos partenaires coréens,  il a été pensé,  la construction des campus numériques  à l’ISMP, à l’ENAM et la Suptic, pour former les agents et cadres de la République afin qu’ils comprennent la culture des TIC dans l’administration,  l’usage des TIC et son importance.  Donc ces campus vont s’ajouter à ceux  qui existent  déjà et tous  ceux  qui seront formés  là-bas auront pour module de formation l’usage des Tic et je crois que ça va nous aider à accélérer le processus de modernisation et de digitalisation de nos services » a indiqué le ministre Joseph Le.

Des ambitions  élevées, qui pourront   compter sur une enveloppe de  8 millions de dollars américain,  cofinancée  par la coopération de la République de Corée du Sud et de la République du Cameroun avec un fond de  contrepartie de 15% du financement extérieur.

Pour sa réussite, cette phase de mise en œuvre devra intégrer les différentes parties prenantes que sont les administrations, les opérateurs économiques et les opérateurs de télécommunications (MTN, ORANGE, CAMTEL). Selon Gyuhong Lee, il s’agit d’un projet qui a des fonctions claires susceptibles de contribuer au développement du Cameroun. 

Pour rappel, une fois la construction et l’équipement des salles de classe et de la salle des serveurs des Smart Campus achevés, les étapes suivantes  s’articuleront autour,  de la mise en œuvre du logiciel de gestion des Smart campus, la formation des formateurs (professeurs et personnel technique des trois institutions pilotes), la sensibilisation et la communication avec les autres ministères partenaires pour la vulgarisation de la solution en tant que plateforme de formation continue pour le secteur public et la formation effective des étudiants à l’utilisation de la plateforme smart campus dans les 3 institutions pilotes.

Oscar Abessolo

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