Cameroun-Emprunt obligataire: Pour le Financement des projets  porteurs de croissance et d’emploi

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Financement des projets  porteurs de croissance et d’emploi

Le Cameroun entend mobiliser plus de 200 milliards de FCFA

Le lancement par le Trésor public camerounais de son 6ème emprunt obligataire marque également le retour de la principale économie de la zone CEMAC sur le marché financier sous-régional. Les titres émis seront cotés sur le marché primaire de la bourse des valeurs mobilières d’Afrique centrale (Bvmac), permettant aux souscripteurs de les céder avant échéance.

Le 16 mai dernier, soit 17 jours après la délivrance  par la Commission de surveillance du marché financier de l’Afrique centrale (COSUMAF) du visa autorisant l’Etat du Cameroun  « à effectuer une opération d’emprunt obligataire par appel public à l’épargne, pour un montant de 200 milliards de FCFA » pour une maturité de 7 ans,  le ministre des Finances camerounais, s’est voulu on ne peut plus aussi clair qu’ambitieux : « Si je suis devant vous, c’est parce que j’en veux un peu plus. Les besoins sont énormes (…) Nous préparons en ce moment une loi de finances rectificative, à cause de l’impact considérable de la crise ukrainienne (…) Au Cameroun, avec la hausse des prix du pétrole, nous enregistrons un manque-à-gagner de plus de 600 milliards de FCFA parce que nous continuons de subventionner la consommation des produits pétroliers à la pompe, pour éviter une augmentation des prix. Si nous obtenons 600 milliards de FCFA, cela nous permet déjà de payer ces manque-à-gagner ». Ainsi répondait le ministre Louis Paul Motaze depuis Libreville au Gabon, où il se trouvait pour le lancement du road-show de l’emprunt obligataire de l’État du Cameroun, qui vise à lever 200 milliards de FCFA sur le marché financier sous-régional, alors qu’il lui était posé la question de savoir si le Cameroun demanderait une surallocation des ressources auprès du régulateur si les souscriptions de l’emprunt obligataire en cours dépassent les 200 milliards de FCFA sollicités.

Nécessité d’augmentation de l’enveloppe budgétaire

La déclaration du grand argentier camerounais a fait dire à maints observateurs que le chiffre de 300 milliards pourrait être franchi par le consortium d’arrangeurs (Afriland Bourse & Investissement, Société Générale, Upline Securities Central Africa et BGFI avec pour Co-Arrangeurs Atlantic Financial Group et ASCA) qui, à ce jour, ont déjà garanti à l’État du Cameroun une prise ferme de 180,5 milliards de FCFA, tout en envisageant d’aller au-delà des 19,5 milliards de FCFA restants, en boostant les souscriptions.

Si l’on en  croit le ministre des Finances camerounais qui a parlé à Libreville d’un surcroît des besoins de financements, et si l’on y ajoute « l’augmentation imprévue des dépenses des personnels de l’État au titre de l’année 2022 »(*) évoqué par le ministre d’Etat secrétaire général de la présidence de la République (SGPR) dans sa correspondance du 21 mars 2022 au Secrétaire Général des services du Premier ministre, le collectif budgétaire en cours de finalisation débouchera inéluctablement sur une hausse du seuil d’endettement autorisé, ce qui pourrait porter  le volume de titres publics à émettre en 2022 à plus de 350 milliards de FCFA initialement prévus.

Caractéristiques

Dans un document rendu public par le ministère des Finances et consultable sur https://ecmr2022.com/ l’émetteur donne les principales articulations de l’emprunt obligataire. Où l’on apprend que c’est dans le cadre d’un vaste programme d’investissements dans des projets porteurs de croissance et d’emploi dans les domaines des infrastructures portuaires, routières et énergétiques dans lequel notre pays s’est engagé depuis 2010 –conformément aux orientations de sa Stratégie Nationale de Développement (SND30), qui visent à faire du Cameroun un pays émergent à l’horizon 2035- que« l’Etat du Cameroun, représenté par le Ministère des Finances, souhaite mobiliser par Appel Public à l’Épargne, un montant de deux cent milliards (200000000000) de FCFA sur le marché financier de l’Afrique Centrale ».

« Pour poursuivre les différents chantiers engagés et financer les nouveaux projets inscrits au Budget 2022, l’Etat a prévu dans la Loi de Finances, un endettement global de près de 1500,50 milliards de FCFA  afin de combler le déficit de financement dudit exercice. Le décret N° 2022/052 du 25 janvier 2022 habilite le Ministre des Finances à recourir à des émissions de titres publics d’un montant maximum de 350 Milliards de FCFA pour le financement des projets de développement inscrits dans la Loi de finances au titre de l’exercice 2022 », explique par ailleurs le gouvernement.

Détails

CARACTERISTIQUES DE  L’OPERATION

Emetteur :

Etat du Cameroun

Dénomination : «ECMR 6,25% net 2022-2029»

Nature de l’opération

Emprunt obligataire par Appel Public à l’Épargne

Objet de l’opération :

Financement de certains projets de développement inscrits au Budget de l’Etat pour l’exercice 2022

Montant de l’émission :

200 000 000 000 FCFA

Minimum de souscriptions

30 titres obligataires

Durée de l’emprunt

07 ans

OBJET DE L’EMPRUNT

Les fonds collectés serviront au financement de certains projets inscrits dans la Loi de finances 2022 et affectés aux projets dont la liste figure ci-dessous :

MINEPAT: projets de planification et d’aménagement du territoire pour un montant de 3 744 533 583 FCFA

MINEE :

•Energie : 14 400 000 000 FCFA

•Eau : 3 000 000 000 FCFA

MINTP : Projets d’infrastructures routières pour un montant de 141 192 718 000F

MINDHU : Travaux d’aménagement urbain : 19 000 000 000 FCFA

MINTRANSPORT : Extension des travaux d’aménagement du PAK : 15 000 000 000 FCFA

INTERVENTIONS DIVERSES :

•Reconstruction de la région de l’Extrême Nord

•Reconstruction des régions du Nord -Ouest / Sud -Ouest

SYNDICAT DE PLACEMENT

La souscription se fait auprès du syndicat de placement :

Plus d’informations sur : https://ecmr2022.com/

(*) Conséquence des instructions données parle président de la République au gouvernement en mars dernier, relativement au déblocage d’importantes sommes en vue de régler le conflit social né des revendications des enseignants grévistes du mouvement « On a Trop Souffert » (OTS).

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