Crise au GICAM : L’ancien vice-président Emmanuel De Tailly pris à partie par le groupe des membres opposés à la dissolution

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 L’ex directeur général de ce qui est devenu la Société anonyme des Boissons du Cameroun est accusé de se faire instrumentaliser par le président Célestin Tawamba. 

Le camp des contestataires à la dissolution du Gicam répond à l’ancien directeur général  de ce qui est devenu Société Anonyme des Boissons du Cameroun (SABC) et ex Vice-Président du Gicam (Groupement Interpatronal du Cameroun) Emmanuel de Tailly. Dans une réaction intitulée « De Tailly le grand manitou marabouté », les mécontents accusent le Français de manquer de respect à travers une interview « à la fois aux communautés d’entreprise et diplomatique françaises du Cameroun, au Comité des Sages et aux membres du Gicam ». De Taily est accusé de se mêler d’une affaire dont son successeur aux Boissons du Cameroun s’est écarté autant que les autres chefs d’entreprise français basés au Cameroun.   « Tous ont estimé qu’il s’agit d’un débat camerounais dans lequel les multinationales étaient parfois indexées ! », appuie le groupe opposé à la dissolution du GICAM. 

 Celui-ci s’étonne de ce que l’ex vice-président du Gicam s’offusque de n’avoir pas été invité à la réunion du 25 mai dernier du Comité des sages. « Il sait très bien que de la même manière qu’un membre du Gicam ne peut pas résider à l’extérieur du Cameroun, un membre du Comité des Sages ne le peut. Tout comme on ne peut pas quitter le Gicam en conflit, créer une structure concurrente et prétendre être membre du Comité sous prétexte que l’on a été Vice-Président du Gicam. Ça au moins Protais Ayangma l’avait bien compris, depuis 2008, il ne s’est jamais réclamé de la qualité de membre du Comité des Sages. Seul Célestin Tawamba a cru devoir le revendiquer pour son Ayangma…. le 11 juillet dernier en pleine assemblée générale extraordinaire », écrivent les anti-fusion du Gicam.

Emmanuel De Tailly est encore accusé d’être réapparu « pour mettre le feu dans la bataille qui fait rage entre des membres du Gicam et ses dirigeants ». Ses contempteurs se demandent « depuis quand un chef d’entreprise étranger se permet-il ce type d’intrusions, et tout en vivant à l’étranger ». L’on lui reproche un retournement de veste  « Ce même De Tailly se présentait dans un passé récent comme le mentor d’Emmanuel Wafo. Le voilà accroché à la culotte de Tawamba pour des raisons que nous allons mettre sur la place publique dans les prochains jours », peut-on lire à son sujet.

 La bande à Emmanuel Wafo n’y voit rien de moins qu’une instrumentalisation du président sortant du Gicam. « Sortir De Tailly de sa retraite forcée, lui faire prendre le premier avion avec un projet de fusion bâclé sous la manche et le faire loger dans un domicile privé de leur ami commun, il fallait le faire et Tawamba l’a fait », accuse-t-elle.  

Dans une Interview publiée le 27 Juillet 2023 dans le quotidien Mutations, Emmanuel De Tailly  soutenait que la fusion Gicam-Ecam, au cœur de la discorde au sein de cette organisation, était une bonne chose.  « Mon avis est très clair à ce sujet. C’est indiscutablement une opportunité historique de peser dans le débat de la zone économique africaine (Zlecaf) en cours de construction afin de préserver les acquis de notre tissu économique et surtout saisir toutes les nouvelles opportunités qui s’offrent aux entreprises camerounaises. C’est surtout une opportunité historique d’avoir un patronat qui rassemble toutes ses entreprises dans toutes leurs dimensions : petites, moyennes et grandes entreprises dans tous les secteurs d’activité, unies pour mettre en œuvre de façon solidaire, la valeur ajoutée locale, l’économie circulaire et le commerce équitable. C’est enfin une opportunité historique d’être un interlocuteur encore plus fiable et représentatif auprès de toutes les instances publics et des bailleurs de fonds. J’ai plaidé durant toute ma présence au Gicam pour que ce rassemblement se fasse et je suis heureux de le voir naître aujourd’hui. Il s’agit de faire désormais l’addition des forces et non des faiblesses de ces deux organisations emblématiques du patronat camerounais en créant un patronat fort et moderne en lui donnant plus de moyens financiers et matériels comme en ressources humaines. Ne pas évoluer dans le contexte actuel serait suicidaire car aujourd’hui l’union fait la force au sein de grandes zones économiques comme la zone économique africaine mais également francophone ou la bienveillance et la solidarité entre acteurs doivent régner autour – pourquoi pas – des 17 objectifs de développement durable de la conférence de Rio tenue en 1992 », a-t-il soutenu avant de poursuivre :  « (…) nous réformer, nous réinventer est la seule réponse aux enjeux futurs avec un monde qui change à une vitesse phénoménale ouvrant des perspectives nouvelles qu’il faut saisir, faisant des menaces des opportunités et je cite en cela le président du Gicam. Réinventer notre organisation patronale, pour la rendre, plus puissante, plus moderne, plus fonctionnelle, plus utile et impactante dans l’intérêt des adhérents qui ont voté très largement en faveur de ce projet, est une œuvre que nous devons accomplir avec Ecam sur un même pied d’égalité sinon, la cause ne serait pas commune, l’équilibre ne serait pas trouvé et le message ne serait en définitive pas clair. C’est donc un nouveau patronat que nous devons fonder, fort de l’ADN du Gicam et fort de celui d’Ecam et la fusion création qui peut être finalement le point d’achoppement avec le Comité des sages, s’imposait alors comme la seule alternative ».

Le conseil d’administration, celui qui débouchera sur l’élection d’un nouveau bureau est prévu en Décembre 2023. Le scrutin promet des étincelles.

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