Dans le cadre de la 15ème édition du Salon de l’Action Gouvernementale(SAGO), Camtel a saisi l’occasion pour positionner cette infrastructure comme un pilier essentiel de la transformation numérique gouvernementale et de l’émergence du Cameroun. L’entreprise publique, dirigée par Judith Yah Sunday épse Achidi, a organisé une conférence le mardi 9 juin 2026, sous le thème fort : « Protection des données publiques et souveraineté numérique : le Data Center de Zamengoé au service de l’action gouvernementale et de l’émergence du Cameroun ». Cet événement, réunissant autorités, parlementaires, représentants d’administrations publiques et partenaires de Camtel, a illustré l’engagement de l’opérateur historique dans un secteur devenu crucial pour la sécurité et l’autonomie nationales.
Camtel, à la fois exposant et sponsor officiel de cette édition du SAGO, a tenu à présenter avec « clarté et humilité » sa contribution tangible à la modernisation de l’action de l’État. Le sujet abordé, bien que simple en apparence, recèle des enjeux fondamentaux : la garantie de la confidentialité et de l’intégrité des données publiques, ainsi que l’affirmation d’une souveraineté numérique pour le Cameroun. La question centrale soulevée est la manière dont les données, indispensables au fonctionnement de l’État, à l’efficience des administrations et à l’identification, l’accompagnement et la protection des citoyens, peuvent être conservées de manière sécurisée et autonome.

Les données ne sont plus de simples fichiers informatiques ; elles constituent désormais un patrimoine, une identité administrative, un outil d’aide à la décision et, sans équivoque, un enjeu de sécurité nationale. Protéger ce patrimoine, c’est donc protéger une part essentielle de la souveraineté nationale. C’est également assurer que la modernisation de l’État repose sur des fondations solides, maîtrisées et exclusivement camerounaises. Les récentes analyses d’experts en Technologies de l’Information et de la Communication (TIC) au Cameroun soulignent le rôle déterminant des centres de données dans l’atteinte de cette souveraineté numérique, la stimulation de la croissance économique et l’amélioration qualitative des services publics.
L’avènement de l’intelligence artificielle pose de nouveaux défis, accentuant la menace d’une « colonisation numérique » accrue et d’une perte de contrôle sur les données, notamment face à la prédominance des géants technologiques mondiaux comme Google, Apple, Facebook, Amazon et Microsoft (GAFA). L’usage massif de messageries étrangères et de modèles de gouvernance externes dans les services publics camerounais rend cette préoccupation encore plus pressante. Face à ces défis, le Data Center de Camtel à Zamengoé s’affirme comme une réponse concrète et stratégique.

Cette infrastructure de pointe représente bien plus qu’un accomplissement technique ; elle est un levier stratégique mis à la disposition de l’État pour bâtir un écosystème numérique souverain. Elle incarne l’ambition nationale visant à doter le Cameroun, sur son propre territoire, des capacités les plus fiables pour l’hébergement, la sécurisation et le contrôle de ses données sensibles et critiques. La souveraineté numérique, loin d’être un simple slogan, se concrétise par la mise en place d’infrastructures adéquates, le développement de compétences locales, le renforcement des réseaux, des choix technologiques judicieux et une volonté politique nationale affirmée.
En tant qu’opérateur public historique et bras séculier de l’État dans le domaine des communications électroniques, Camtel se positionne pour jouer pleinement son rôle. Sa mission ne se limite pas à la fourniture de connectivité, mais s’étend à la sécurisation de l’infrastructure invisible sur laquelle repose l’action publique moderne. La conférence a permis de plonger dans le concret de cette vision, avec des présentations techniques assurées par Etoundi Ngaba, Directeur de l’unité d’affaires Fixe, le responsable du Data Center de Zamengoé, ainsi que les équipes techniques de la Direction Technique (DT) et de la Direction des Systèmes d’Information (DSI). Ils ont détaillé les capacités opérationnelles actuelles de l’infrastructure et celles qu’elle est prête à offrir aux ministères, aux entreprises publiques et privées dès aujourd’hui, constituant ainsi une avancée significative vers l’autonomie numérique nationale et la concrétisation des objectifs de l’État pour un Cameroun émergent et cyber-souverain.

Oscar Abessolo


