Engagement: La dépénalisation, socle des combats pour une presse libre

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Après avoir  édicter un nouveau code de bonnes conduites pour les journalistes camerounais, le Réseau des medias pour la promotion de la liberté d’expression est engagé à faire aboutir un plaidoyer pour la dépénalisation des délits de presse au Cameroun.

La journée internationale de la liberté de la presse tenue ce 03 mai 2023 a été l’occasion pour le Réseau des medias pour la promotion de la liberté d’expression(Rmplp), constitué le 24 juin 2022 à Douala,  de lancer officiellement ses activités à Douala. Michel Ferdinand, Rédacteur en chef chargé des magazines au quotidien Mutations et président de cette nouvelle organisation entend porter un plaidoyer pour la dépénalisation des délits de presse au Cameroun. 

Le Messager, Mutations, Le Jour, La Nouvelle Expression, Radio et Equinoxe Télévision,  Canal 2 International, Stv, La Voix du Centre, Ouest-Echos, Radio Batcham, Radio Balafon et bien d’autres titres phares de la presse camerounaise font partie des organes ayant adhéré à cette démarche. 

Michel Ferdinand pense que le plaidoyer constitue un outil efficace qui pourra porter ses fruits. Et aboutir à la suppression ou à la reforme des lois liberticides en matière d’activités de la presse au Cameroun. Il s’agit notamment de l’article 305 du code pénal  qui prévoit: «Diffamation : est puni d’un emprisonnement de 6 jours à six mois et d’une amende de 5000 à 2 000 000 de FCFA ou de l’une de ces deux peines seulement, celui qui, par l’un des moyens prévus à l’article 152, porte atteinte à l’honneur ou la considération d’une personne…«Loi N°2010-12 du 12 décembre 2010 relative à la cybersécurité et à la cybercriminalité au Cameroun et la Loi n°2014-28 du 23 décembre 2014 portant répression des actes de terrorisme  sont aussi utilisée par les juges pour condamner les journalistes.

Cette nouvelle association entend principalement œuvrer pour la dépénalisation des délits de presse au Cameroun. Et cet  engagement qui passe par la promotion des bonnes pratiques professionnelles chez les journalistes et la mise sur pied d’un conseil de la presse, question de mettre en œuvre un mécanisme d’autorégulation. Ce qui fait que, après l’adoption des statuts, les membres de cette assemblée générale constitutive ont travaillé pour l’élaboration et l’adoption d’un code de bonne conduite, étalé sur prés de 20 principes en devoirs et en droits et qui servira désormais de socle aux journalistes se référant aux valeurs prônées par le réseau des medias pour la promotion de la liberté de la presse.

Le journaliste est tenu de respecter la vérité

Ayant travaillé sur le projet du texte adopté, Michel Ferdinand estime qu’il a été inspiré de la Charte de Munich sur les devoirs et les droits du Journaliste, du code de déontologie de l’Union des journalistes du Cameroun (Ujc) et du code de déontologie des journalistes camerounais signé en septembre 1992 par le Premier ministre. Parlant des droits des journalistes, ce nouveau code maintient l’intangibilité du principe d’accès à l’information : « L’accès à l’information est libre et le journaliste doit enquêter librement sur tout fait susceptible d’intéresser le public. » Ce qui implique qu’ « il doit être  rémunéré dignement ». Du fait que ce code prescrit au rang de ses devoirs ceci : « le journaliste est tenu de respecter la vérité et ne doit, en aucun cas, exercer sa profession dans des conditions pouvant compromettre son honneur, sa probité intellectuelle et son impartialité.»  Cette orientation  va dans le sens du respect de l’article 9 de la Charte africaine des droits de l’Homme et des peuples qui consacre le droit  à l’information.« Toute personne a droit à l’information. 2. Toute personne a le droit d’exprimer et de diffuser ses opinions dans le cadre des lois et règlements. » Directeur régional du desk Mutations à Douala, Michel Ferdinand est engagé à travailler pour le respect de cet article(9) de la Charte africaine des droits de l’Homme et des peuples. Il tient à ce que des journalistes reconnus coupables des fautes dans le cadre de l’exercice de leur fonction ne soient plus jetés en prison. Mais cela n’exprime, aucunement chez lui, une promotion de l’impunité des journalistes. Pour bien donner de la tonicité à cet engagement, il tient à donner de la valeur à cette ligne sur sa carte de visite. Car il a été élu, au terme de l’Assemblée constitutive du Réseau des medias pour la promotion de la liberté d’expression, président. Il est assisté par Boudith Adam, représentant du journal d’expression anglaise The Post. Janvier Njikam, directeur de publication du journal Frontières d’Afriques a été désigné secrétaire général de cette nouvelle organisation. Le secrétaire exécutif est assuré par Etienne Tassé, coordonnateur de Journaliste en Afrique pour le développement (Jade) et initiateur de cette nouvelle association dans le cadre du projet Presse libre pour la défense des droits humains, avec le soutien de l’Union Européenne. 

Guy Modeste DZUDIE(Jade) et le Réseau des medias pour la promotion de la liberté d’expression

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