Le Cameroun et la FAO optent pour l’aviculture traditionnelle

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Le Cameroun et la FAO optent pour l’aviculture traditionnelle

 L’Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture accompagne le gouvernement camerounais dans le développement de ce secteur d’activité,  dans la région de l’Extrême-Nord, le 7 novembre 2022, Kaélé.

Au Cameroun, le sous-secteur de l’élevage occupe plus de 30% de la population active et contribue à plus de 4% du PIB national (INS, 2016). Bien qu’en constante évolution, ce secteur reste caractérisé par des performances encore en deçà de ses potentialités.

Cependant, il demeure le secteur qui offre le plus d’opportunités aux populations rurales dans les zones soudano-sahéliennes en général et la région de l’Extrême-Nord en particulier. Des zones chroniquement menacées par l’insécurité alimentaire. L’aviculture traditionnelle revêt ainsi, une importance considérable dans l’écosystème de la région de l’Extrême Nord.

En 2016, le cheptel national en volaille traditionnelle a été estimé à 21 405 945 têtes avec un effectif de 6 746 142 têtes pour la seule région de l’Extrême-Nord. Si l’aviculture moderne s’est considérablement modernisée ces dernières années au Cameroun, ce n’est pas le cas pour l’aviculture traditionnelle. La productivité des élevages avicoles locaux de l’Extrême Nord reste très inférieure aux potentiels réels malgré les interventions éparses des différents acteurs à travers notamment l’amélioration des abris et l’organisation de campagnes de vaccination.

 En autres causes on note un taux très élevé de la mortalité due aux principales épizooties (Newcastle et bronchite infectieuse) et des gains de poids très faibles pour les volailles en bonne santé. Améliorer la gestion de l’aviculture traditionnelle.

 C’est dans ce contexte que la FAO a mis en œuvre  le projet d’appui à l’amélioration de l’aviculture traditionnelle dans la région de l’Extrême-Nord du Cameroun. Le projet cible x ménages, y aviculteurs ainsi que z exploitants de poules locales.

 A travers ce projet, la FAO vise à apporter un horizon nouveau dans la gestion des élevages des poules de races locales. En contribuant à la sécurité alimentaire et nutritionnelle, le projet servira de levier à la croissance économique travers la création d’emplois dans les milieux périurbains et ruraux, et en particulier pour les jeunes et les femmes.

 La cérémonie officielle de lancement des activités dudit projet s’est déroulée le lundi 7 novembre 2022 à l’esplanade de l’Hôtel de Ville de Kaélé. Elle a été officiellement lancée par le Dr Taiga, Ministre de l’élevage, des pèches et industries animales (MINEPIA) en présence du Dr Athman Mravili, Représentant de la FAO au Cameroun. Ont également pris part à cet événement, les autorités administratives et traditionnelles locales, ainsi qu’un panel représentatif d’acteurs humanitaires intervenant dans la région de l’Extrême-Nord.

Dans son allocution, le Dr Taiga a souligné l’importance des poulets dans l’économie de la population de la région de l’Extrême-Nord car, « ils constituent un moyen de subsistance pour nombres des populations parmi les plus pauvres, une importante source de viande et de revenus aux populations des villes et des campagnes. Il sont pour beaucoup des personnes, notamment les femmes et les jeunes, la voie de sortie de la pauvreté » a t-il souligné.

Le Dr. Athman Mravili à son tour a renchéri en indiquant que « le secteur de l’élevage offre le plus d’opportunités aux populations rurales dans la région de l’Extrême-Nord qui est une zone assez menacée par l’insécurité alimentaire ». Il précise que la filière serait dominée par l’élevage de la volaille traditionnelle avec près de 25,6%, ce qui revêt une importance considérable dans notre économie.

Mise en place des unités modèles d’aviculture traditionnelle dans la région de l’Extrême-Nord

 Concrètement, la mise en œuvre du projet passera par la mise en place de petites unités modèles d’aviculture traditionnelle. Ces dernières intégreront l’amélioration des performances génétiques des pondeuses, l’alimentation animale, le logement de celles-ci, et in fine, la vaccination afin de réduire la mortalité de la volaille.

Ainsi, le projet prévoit deux types d’unités destinées à deux catégories de cible.  Une, à l’échelle d’une famille pour prendre en compte les conditions de vie relativement pauvres des ménages et une autre de taille plus grande pour exploitation d’un troupeau. La FAO fournira aux bénéficiaires de ces unités, des appuis en aliments, en produits vétérinaires et en matériel d’élevages, et bien entendu un accompagnement technique à leur bonne utilisation.

Le petit élevage avicole familial joue un rôle socio-économique indiscutable en tant que complément alimentaire et source de revenus pour les paysans. D’autant plus que la région de l’Extrême-Nord est l’une des régions qui regorge de l’essentiel des matières premières disponibles pour la nutrition avicole. On note la présence du mais, du sorgho, du riz, des sources de protéine (tourteau de coton, farine de poisson et arachide) et des sources de minéraux (calcium et os calcinés). Il existe également un marché florissant qui attire de plus en plus les consommateurs de viande de poules locales ainsi que les œufs de poules et de pintades.

Ce projet s’inscrit dans le cadre d’un Programme de coopération technique financé par le budget du Programme ordinaire de la FAO A cet effet, l’Organisation apportera au Cameroun des expertises multiformes et plus particulièrement aux services déconcentrés du MINEPIA qui seront étroitement associés à la mise en œuvre des activités sur le terrain. Une attention particulière sera portée aux enseignements de cette phase pilote dont la vocation est de permettre une rapide mise à l’échelle à court et moyen termes.

Source : Communication FAO

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