Media/Côte d’Ivoire Afrique—Les journalistes n’ont pas besoin de recyclage. Ils doivent être soignés

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‘Les journalistes n’ont pas besoin de recyclage. Ils doivent être soignés.’ Ces deux phrases suffiraient pour rendre sa copie à un test et rafler la mise. L’après création du ‘Mouvement des Générations Capables’ (MGC) en Côte d’Ivoire permet de prolonger la réflexion. 

Vision constructive

Rupture. Vengeance. Ces deux mots ont été à la Une de media impérialistes et de leurs appendices en Afrique. Pourtant, l’objectif d’un parti politique est la conquête et l’exercice du pouvoir afin de mettre en œuvre son programme politique annoncé. Chaque programme se rattache souvent à une conception idéologique, philosophique ou spirituelle de la vie en société. Ce projet global de société indique comment gérer les choses publiques.

Dr. Simone Ehivet Gbagbo et le MGC sont sur ce tracé. ‘Nous y sommes, notre parti politique est désormais dans la place.’ Derrière cette annonce de Simone Ehivet, la prochaine présidentielle est dans sa ligne de mire. Ce parti qui ambitionne de prendre le pouvoir ‘veut travailler à la construction d’une Côte d’Ivoire attachée à des valeurs.’ De ces valeurs, le MGC ‘a pour idéal de construire une Côte d’Ivoire réconciliée, pleine de justice et d’équité.’ La réconciliation sans laquelle aucune œuvre n’est possible dans un pays déchiré, est un élément clef pour ce parti ‘humaniste et progressiste, fortement ancré dans la social-démocratie’ et dont la ‘transformation qualitativement les mentalités’ pour construite ‘une Côte d’Ivoire nouvelle et moderne,’ est l’objectif.

Entreprenariat politique de rupture

L’entreprenariat politique de Simone Gbagbo a pour objectif la refondation de la société ivoirienne. Pour atteindre ce but, il a fallu qu’elle mette ensemble son génie et son ingénierie politique pour créer un parti sans soulever de poussière. Par sa personnalité et sa vision politique, la ‘rupture’ qu’elle a engagée, ne pourrait pas se réduire à un individu. Simone Ehivet Gbagbo l’a souvent dit et répété. ‘Votre vision,’ s’adressant le 25 septembre 2021 à l’Assemblée constitutive du MGC-organisation-citoyenne, ‘ce n’est pas Simone Ehivet. Votre vision, ça ne doit pas être un individu.’ La ‘vision que nous recherchions,’ c’est que la ‘Côte d’Ivoire soit une Nation remplie de justice, d’équité.’ Et ‘cette vision demeure encore aujourd’hui ma seule boussole.’ 

Sur ce, sa ‘rupture’ se fait par rapport à un système qui a conduit à la violence politique, brisée l’harmonie sociale—et dont la réconciliation est le seul remède. Car ‘dans la puissance du pardon nous retrouvons la paix.’ Avait dit Simone Ehivet le 25 septembre 2021. Remodeler ce système qui a généré la dépravation des mœurs. Travailler pour que la probité morale refasse son nid dans ce pays qui a son cartel de drogue. Sortir la Côte d’Ivoire de l’impasse de la pauvreté, du chômage, et de la précarité. Sont autant de chantiers de ‘rupture’ par rapport à l’ordre ancien établi par la France.

Ces batailles situent Simone Gbagbo dans la continuité du combat politique qu’elle a entamé depuis les années 70. Mais aussi dans celui du FPI originel. Elle l’a dit le 3 avril 2022 lorsqu’elle a rencontré les Ivoiriens du Ghana. ‘Ma vision pour la Côte d’Ivoire n’a pas changé. Elle est la même lorsqu’on créait le Front Populaire Ivoirien.’ Par ces propos, elle s’engageait à ‘combattre la domination interne et externe’—Article 3 du FPI originel. Sur ce sentier de ‘rupture,’ Simone Ehivet s’inscrit dans la poursuite et le parachèvement de la lutte laissée en pointillés par Abdourahmane Sangaré ‘dompté’ par la mort. Simone Gbagbo reste donc cohérente avec elle-même.

Plus nocifs qu’incompétents

Ce mini-programme n’intéresse pas la caste de journalistes qui a choisi d’argumenter sa Une et agrémenter ses débats en s’appuyant sur son propre évangile—la ‘rupture’ politique par rapport à Gbagbo pour satisfaire un désir de ‘vengeance’ lié à la rupture privée annoncée par ce dernier. ‘Ce discours de Simone Gbagbo,’ écrit cette caste, ‘fondée sur la probité morale, la paix et qui se départit aussi bien de toute rancœur, de récrimination, certains n’y croient pas.’ Ces théoriciens de la rancune qui ont mis ensemble ‘rupture’ et ‘vengeance’ dans leur discours, s’expliquent. ‘L’absence à l’assemblée générale du MGC, d’un représentant du PPA-CI de Laurent Gbagbo, en dit long sur l’état du cœur de Simone Gbagbo. C’est du moins ce que pensent ses détracteurs qui croient savoir que le revêtement politique du MGC porte des relents de vengeance de la part de celle qui était jadis surnommée ‘la dame de fer’.’

Pris sous cet angle, ces journalistes exposent plus leur nocivité que leur incompétence. La démarche de ces théoriciens de la ‘vengeance’ vise à élargir le fossé entre les militants et cadres de ces deux partis phares de l’opposition, si l’on s’en tient à l’enthousiasme qui a accompagné leur création. Dans leur stratégie de communication, ils ont sciemment couvert l’information selon laquelle, le Parti des Peuples Africains/Côte d’Ivoire (PPA-CI) a ‘reçu une invitation mais n’est pas venu.’ Ils n’ont pas aussi trouvé opportun de ramener à la mémoire collective que la présidente du MGC a reproché à Ouattara son choix d’avoir accordé au président Gbagbo une ‘grâce en lieu et place d’une loi d’amnistie.’ Décision qui ne rétablit pas ce dernier dans ses droits civiques. Mot pour mot, elle a dit, ‘la grâce présidentielle accordée au président Laurent Gbagbo en lieu et place d’une amnistie alourdit davantage l’atmosphère socio-politique du pays, de sorte que nous ne dirons pas merci à Alassane Ouattara pour la grâce présidentielle.’

Evaluation psychiatrique

Mais les journalistes du spectacle, en quête de gros titres, toujours fascinés par les manchettes tapageuses, sont sortis du sujet. Ils ont construit leur histoire. Celle de la création d’un parti par nécessité de vengeance. De tels récits n’étonnent plus les professeurs de journalisme. Les vrais, formés à la bonne école des mots, de la réflexion, de l’analyse, de la critique positive, de la morale, et de bonnes mœurs, qui ont vu passer ou lu un nombre faramineux de textes journalistiques dont l’unique source est le communiqué de presse. Le ragot de bar (café, resto). Une note diplomatique. Une enveloppe passée sous la table avec l’opinion à distiller.

Ce type de journalisme altérant qui n’est pas toujours lié à la méconnaissance de la science journalistique pour certains, ni au budget des media pour d’autres, ni à la survalorisation de l’instantanéité qu’impose les media en ligne, a de quoi faire réfléchir les scientifiques, et mettre au travail les psychologues, les psychiatres surtout. Car, ces journalistes du mal ont besoin d’une évaluation psychiatrique. Ils ont besoin d’une thérapie. Ils devraient être soumis aux experts qui étudient le fonctionnement de l’esprit humain. Ils pourraient grâce à des outils et connaissances scientifiques prouvés et validés, dépister les motivations de ces journalistes des abus et proposer un traitement adapté.  

Feumba Samen

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