Mémorandum d’entente Cameroun-Koica : Joseph Le donne les précisions 

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Le Cameroun est résolument engagé à arrimer son administration au numérique.  L’une des actions fortes choisies par l’Etat pour atteindre cet objectif, c’est ce mémorandum d’entente pour l’implémentation d’un projet de sensibilisation et de renforcement des capacités des agents publics. Les documents ont été signés le 10 juillet 2023, entre le ministère de la fonction publique et de la réforme administrative et l’Agence  coréenne de coopération Internationale(KOICA). Le ministre de la fonction Publique et de la réforme administrative s’est confié à notre  rédaction ;  il s’exprime sur les tenants et les aboutissants de ce Mou.

Vous venez de signer ce mémorandum entre l’Etat camerounais représenté par votre département ministériel et la Koica, d’entrée de jeu, quel est le contexte de cette signature et pourquoi le choix de Corée du Sud ?

Je voudrais d’abord signaler qu’il s’agit de 3 signataires, le Minepat, le minfopra et la Koica. C’est un projet extrêmement important qui est en gestation depuis 2019,  dans le cadre de la mise en œuvre des hautes directives du chef de l’Etat, le 31 décembre 2018,  quand il déclarait : « la société digitale qui s’annonce n’attendra pas les retardataires «  et il avait exhorté nos administrations publiques et même privées à s’arrimer aux standards internationaux en matière de modernisation et donc de digitalisation des services. Ceci n’a que des avantages parce que ça permet non seulement, de sortir progressivement pour ne pas dire définitivement de  cette administration tracassière  avec toute la paperasse que vous connaissez, de piles et de piles de documents, alors qu’en digitalisant les services, en les mettant en ligne et en digitalisant aussi des procédures, nous les allégeons et les simplifions,  en rendant le système transparent et luttons contre la corruption,  car, lorsque les services sont en ligne,  ça limite les contacts avec les usagers. Donc il s’agit d’un projet important parce qu’avec le partenaire coréen, nous allons pouvoir aller vers cet objectif,  qui est un objectif globale mais,  il s’agit ici, d’un aspect spécifique qui concerne le renforcement des capacités. Dans le cadre de notre travail de modernisation des administrations publiques   nous avons constaté une certaine réticence  de plusieurs ordres. D’aucuns  nous signalent  la limite du budget nécessaire pour l’implémentation, d’autres disent que « ce n’est pas notre priorité »,  s’accommodant aux vieilles habitudes. Donc l’objectif ici va consister à intégrer dans nos habitudes,  dans notre façon d’être et de faire,  la culture de la modernisation et de l’utilisation des TIC. Avec Koica , il s’agit des Smart Campus en faveur desquels 3 sites ont été choisis : l’Enam, l’ISMP et SUPTIC. Il est question  de commencer là-bas  parce que l’Enam forme la plupart des jeunes qui vont entrer dans l’administration ; il est bon que dans le cadre de cette formation initiale, il y est des modules consacrés à l’utilisation des TIC, qu’on leurs inculque cette nouvelle  façon d’être et faire pour s’arrimer  à cette mondialisation.  l’ISMP  qui est chargée de la formation continue  des fonctionnaires  et autres agents de l’Etat se chargera d’équiper ceux qui sont déjà sur le terrain mais n’ont pas cette culture. Suptic est choisi  dans le cadre des formations des jeunes gens, les produits de cette école  sont généralement demandés ou utilisés par le minpostel et des administrations parapubliques comme Camtel. Les principales cibles  doivent donc être prêts à entrer dans ce monde exigeant. Vous savez, ces exigences naissent aussi du fait que les gens ne savent pas utiliser l’outil numérique ; ils auront donc non seulement,  la culture mais aussi,  des capacités en  tout ce qui concerne les TIC.

Pourquoi le choix de la Koica ?   

Koica s’est l’Agence coréenne de Coopération Internationale. Le Cameroun et la Corée du Sud entretiennent depuis longtemps,  une coopération très étroite. La Corée du Sud est un pays ami  qui a déjà accompagné le Cameroun dans la mise en place de nombreux  projets dans le sens de la modernisation de la société, des administrations. Etant donné que nous étions dans la recherche des partenaires qui pouvaient nous accompagner, la Koica s’est montrée disponible et nous a même indiqué que,  c’est dans ce domaine qu’elle travaille tout en rassurant la disponibilité de leur pays à accompagner le Cameroun dans le sens de la mise en œuvre de cette politique,  qui est une vision du Chef de l’Etat dans le cadre de la SND30. Des discussions ont donc été engagées depuis 2019, il a fallu que le projet devienne mature, qu’il soit accepté par l’Etat Coréen. Il est passé à l’Assemblée Nationale Coréenne, son budget a été voté et le processus de maturation se poursuivait de notre côté  et je suis heureux de vous annoncer qu’il y a quelques jours seulement,  le Président de la République S.E Paul BIYA a bien voulu marqué son haut accord pour que projet soit implanté  et réalisé dans le cadre de cette collaboration.

On parle de 350 mil agents publics qui seront formés dans le cadre de ce projet en 5 ans, quel sera le contenu de ces formations ?

Exclusivement consacrées à l’utilisation des  Tic, au renforcement des capacités pour que tous ceux qui vont travailler pour notre administration puissent  se former  et qu’ils ne soient pas des analphabètes dans le cadre du numérique. C’est la mise en place qui est étalée sur 5 ans,  après ça va devenir une propriété camerounaise. Ça ne veut pas dire qu’après 5 ans le projet va s’arrêter, non puisque vous allez voir des campus numériques avec de beaux bâtiments. Ce sera donc un processus continu. Tant que toutes ces écoles existeront,  le projet va se poursuivre. Au-delà des infrastructures, il y a les volets, formation des formateurs  qui vont eux même former les utilisateurs. C’est un projet qui va nous permettre de faire un bon technologique.

Vous avez évoqué ce volet formation qui nécessite l’adhésion de toutes les administrations, quelle est la stratégie mise en place pour faciliter la synergie entre toutes les administrations ?  

C’est une stratégie qui rentre dans le cadre d’une politique du Président de la République et qui est mise en œuvre par le premier Ministre. C’est une injonction, à laquelle personne ne devrait résister. La modernisation de l’administration est un processus incontournable et irréversible, on n’a pas d’autre choix que de s’arrimer. Lorsqu’on a la chance d’avoir des partenaires comme la Corée du Sud,  nous ne pouvons que profiter,  car nous devons sortir de la paperasse qui cause beaucoup de problème dans le traitement des dossiers qui sont le plus souvent incomplets  quand ils  arrivent  à notre niveau. Il est donc question de tout numériser, tout digitaliser  car ainsi,  en un clic je pourrais  avoir toutes les informations nécessaires sur  le dossier d’un agent public. Il n’y a pas de raison que le processus d’intégration d’un agent public dure plus de 3 mois, malheureusement les délais sont encore très loin de ce challenge. Avec la digitalisation, nous pourrons procéder à l’intégration d’un agent en moins de 2 semaines.

Ce mémorandum intègre deux parties, quelle sera la contribution du Cameroun ? 

Vous me donnez l’occasion de parler de la consistance du projet. Il s’agit d’un projet d’une valeur d’à peu près 8 millions de dollars américain,  soit un peu plus de 4 milliards FCFA. La contribution du Cameroun sera de 15%  Nous  avons même commencé à budgétiser cela ici au minfopra, nous n’attendions que les autorisations que nous venons d’obtenir et maintenant le processus va s’enclencher. A côté de cet apport numérique, le Cameroun va aussi apporter les terrains où les campus seront construits. Toutes les conditions sont réunies pour que le train soit mis sur les rails.

Propos recueillis par Oscar Abessolo   

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