RDPC : Voici pourquoi le parti de Paul Biya a sanctionné le journaliste Serge Williams Fotso

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Le mardi 7 décembre 2021, le Secrétaire général du Comité central du Rassemblement démocratique du peuple camerounais a pris la décision de suspendre de ses fonctions, Serge Williams Fotso, le Rédacteur en chef de l’hebdomadaire L’Action, le journal du parti au pouvoir.

 « Monsieur Fotso Foguem Serge Williams, journaliste rédacteur en chef de la presse écrite à la direction des organes de presse, de l’information et de la propagande du secrétariat général du comité central du RDPC est à compter de ce mardi 7 décembre 2021 suspendu de ses fonctions pour une période de deux mois pour faute lourde ayant consisté en la publication frauduleuse dans le journal L’Action numéro 1349 du 1er décembre 2021 d’un article n’ayant pas fait partie du menu arrêté par la conférence de rédaction ». Voilà en substance la teneur de la décision signée par Jean Nkuete. Ce dernier n’a pas révélé le sujet querellé.

Gazeti237.com a appris de sources concordantes au sein du parti que préside Paul Biya,  le Chef de l’Etat, que le patron de la rédaction du journal « L’Action » est réprimandé pour avoir publié un article dont le titre et le chapeau sont les suivants. «Sanaga maritime centre I : Des militants réclament le retour de Alphonse Bibehe

Une marche a été organisée à Edéa, pour lui demander de redevenir l’encadreur qu’il n’aurait jamais dû cesser d’être.»

Rappelons que l’année dernière, Alphonse Joseph Bibehe avait pris la décision de se mettre « en retrait des activités du RDPC dans son organisation actuelle ». Il s’indignait ainsi de la décision prise par Jean Nkuete pour écarter sa candidature aux élections régionales de décembre 2020 dans la Sanaga Maritime. Le mécontent avait déclaré au cours d’une conférence de presse, qu’il est victime d’un complot ourdi par Jean Nkuete et Cie. Accusation sans détours qui n’a pas manqué de blesser le SG du Comité central du RDPC. Alors que cette blessure n’est pas encore cicatrisée, Jean Nkuete a été surpris de découvrir dans l’hebdomadaire L’Action, un article qui fait croire que le parti de la flamme ardente est allé supplier Alphonse Joseph Bibehe  de reconsidérer sa position vis-à-vis des dirigeants du RDPC.

En réaction, le Comité central a d’abord suspendu le Rédacteur en chef du journal, ensuite l’article querellé a été retiré du site et Christophe Mien Zok, le Directeur des Organes de presse, de l’Information et de la Propagande du RDPC a signé dans le numéro 1350 du journal L’Action en kiosque, l’éditorial ci-dessous pour dire que « Nul n’est indispensable ».

Gazeti237.com

Edito

Nul n’est au-dessus du Parti

Par Christophe Mien Zok

Le journal L’Action a malencontreusement relayé et publié dans son édition de la semaine dernière, un article sur un prétendu appel de certains militants de la Sanaga Maritime Centre1 réclamant le retour dans les rangs d’un responsable qui s’était volontairement mis en retrait des activités du Parti il y a un an.

Personne n’a oublié cet épisode tragi-comique et mélodramatique: à la suite des investitures du Comité Central pour les élections régionales, un candidat recalé et déçu par le résultat avait cru devoir organiser toute une conférence de presse abondamment médiatisée et relayée par les réseaux sociaux pour annoncer son intention de se mettre en retrait des activités du Parti dans son organisation actuelle. Au passage, il avait dit pis que pendre des dirigeants actuels du Parti, tout en prenant la précaution d’épargner le Président national.

Un an plus tard, coup de théâtre: alors que le parti n’a rien changé dans son organisation, et que les mêmes responsables sont toujours en place, des militants de base de cette circonscription politique adressent une lettre publique au « fugueur » pour lui demander de rentrer dans les rangs. C’est leur droit; la démarche ne manque pas de légitimité et de sens; le RDPC reste malgré tout un parti de rassemblement et non d’exclusion. Toutefois, qu’il s’agisse d’une grossière manœuvre, d’une tentative de manipulation ou d’un acte de contrition sincère, cet épisode mérite une attention et une lecture particulières.


Voici un militant, fût-il le plus dynamique, le plus engagé, le plus gros mécène et donateur d’une localité, qui refuse de se soumettre aux décisions de la hiérarchie du Parti parce qu’elles sont contraires à ses intérêts électoraux. Sans claquer définitivement la porte, il préfère se mettre momentanément en retrait tout en tenant, urbi et orbi, des propos désobligeants voire outrageants vis-à-vis de certains dirigeants du Parti. Il n’a d’ailleurs écopé d’aucune sanction pour cette inconduite. Certainement au nom de la tolérance…

Les militants semblent avoir oublié ces faits graves et réclament, sans doute au nom des services rendus au Parti, sa réintégration. Ils ont néanmoins perdu de vue une vérité absolue: personne n’est au-dessus du Parti; nul n’est indispensable. En effet, comme le soulignait avec pertinence le Président Paul BIYA: les hommes et les militants passent mais le Parti demeure.

Les événements d’Edea, qu’ils participent d’une démarche sincère ou d’une mise en scène, viennent rappeler opportunément cette réalité. Le Parti est fort grâce à la dynamique de groupe de l’ensemble des militants et non à cause des exploits de quelques surhommes ou généreux mécènes.

Malheur à ceux qui manquent de lucidité, se trompent d’analyse, se croient indispensables ou plus forts que le Parti! Ils s’excluent d’eux-mêmes de la grande famille qu’ils n’auraient jamais dû narguer. À bon entendeur…

Par Christophe Mien Zok

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