Redéfinir la vision du commerce local: les atouts de la Quinzaine du Made in Cameroon

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La troisième édition de cet événement portée par CFAO et placée sous la supervision du ministère du commerce, s’impose non seulement comme un rendez-vous commercial, mais surtout comme la manifestation concrète d’une vision stratégique  visant à valoriser, soutenir et projeter l’expertise, la créativité et le patrimoine camerounais. Au cœur de cet acte 3 qui se tient  du 7 au 19 mai 2026, se trouve une volonté affirmée de renforcer l’ancrage territorial des acteurs économiques, transformant une célébration ponctuelle en un moteur de développement durable pour les producteurs locaux. Les constats effectués lors de la cérémonie d’ouverture révèlent une dynamique prometteuse, où les engagements pris se traduisent par des actions tangibles sur le terrain, particulièrement au sein de l’enseigne Carrefour.

La démarche de CFAO, à travers sa participation active et son organisation de cet événement, dépasse la simple promotion des produits camerounais. Elle s’inscrit dans une logique de partenariat à long terme avec le tissu économique national. L’engagement est mesurable et vérifiable dans les rayons des supermarchés Carrefour, où la place accordée aux productions locales témoigne d’une stratégie d’approvisionnement résolument tournée vers l’intérieur du pays. Les chiffres parlent d’eux-mêmes : 40% de l’assortiment alimentaire et déjà 25% de l’offre globale proposée aux consommateurs proviennent de la production camerounaise. Sur un total impressionnant de 15 000 références disponibles, plus de 3 500 produits sont issus directement de l’économie locale. Cette performance repose sur une collaboration étroite avec un réseau solide et étendu de 300 producteurs locaux, qui constituent désormais 75% des fournisseurs pour l’enseigne. L’impact sur le chiffre d’affaires et les volumes vendus est également notable : ces produits plébiscités par les consommateurs génèrent 45% des revenus dans le segment alimentaire et représentent 75% des volumes écoulés dans cette même catégorie, illustrant ainsi la forte demande et la capacité des produits camerounais à satisfaire les attentes des clients.

La Quinzaine du Made in Cameroun est conçue comme une période intense d’animations et de rencontres, visant à rapprocher davantage les consommateurs des artisans et producteurs qui façonnent le paysage économique local. Durant toute la durée de l’événement, les magasins Carrefour se transformeront en véritables vitrines du terroir, proposant une multitude d’activités. Les dégustations gratuites offriront aux visiteurs l’occasion de découvrir ou redécouvrir les saveurs authentiques des produits camerounais. Des mises en avant spécifiques de marques locales permettront de donner un coup de projecteur sur des initiatives innovantes et un savoir-faire parfois méconnu. Les rencontres directes avec les producteurs, quant à elles, créeront un lien humain essentiel, permettant aux clients de comprendre l’histoire derrière chaque produit et d’apprécier le travail et la passion qui y sont investis. Ces moments privilégiés sont autant d’opportunités conçues pour immerger le public dans la richesse du patrimoine camerounais et renforcer le sentiment de fierté nationale.

Malick Niang, Directeur Général de CFAO, a souligné avec force la portée de cette initiative lors de son intervention. Il a affirmé que CFAO se positionne comme « des défenseurs farouches des produits du terroir ». L’objectif principal est de travailler en synergie avec les producteurs pour les accompagner dans leur développement. Il s’agit notamment de les aider à se formaliser, particulièrement en matière de qualité des produits et de packaging, des aspects cruciaux pour se démarquer sur un marché concurrentiel. La formalisation inclut également l’accompagnement au niveau des instances étatiques, étape indispensable pour garantir la conformité et la crédibilité. En réussissant à référencer ces producteurs au sein des rayons Carrefour, l’enseigne leur offre une visibilité accrue, leur permettant ainsi d’accroître leurs volumes de production et, par conséquent, d’écouler davantage leurs marchandises. Au-delà de la seule visibilité, Malick Niang a également évoqué une ambition audacieuse : celle d’exporter cette expertise camerounaise, qu’il s’agisse de l’artisanat, des produits du terroir, vers d’autres pays où Carrefour est présent. Il déclare : « La seconde c’est d’arriver bien naturellement à exporter cette expertise camerounaise de l’artisanat camerounais des produits du terroir du Cameroun de l’exporter partout où on est présent dans tous les pays où Carrefour en tout cas est est est présent. Les avantages sont nombreux. Donc ça va leur permettre forcément d’avoir beaucoup plus de visibilité par conséquent beaucoup de ventes ».

Le soutien à ces producteurs ne s’arrête pas aux portes des magasins ni à la fin de la période de la Quinzaine. « Le travail va continuer au-delà de cette quinzaine », assure Malick Niang. La démarche se poursuit sur la durée, avec un accompagnement constant axé sur l’amélioration qualitative, le respect des normes d’hygiène et la valorisation des emballages. La formalisation et l’intégration dans les circuits de distribution font partie intégrante de cette stratégie de fidélisation et de croissance mutuelle. Cette approche vise à bâtir des relations durables qui bénéficient à tous les maillons de la chaîne, du producteur jusqu’au consommateur final.

Un des défis majeurs auquel sont confrontés les petits producteurs est souvent le coût de production. Malick Niang a reconnu cette réalité, expliquant que « l’engouement se heurte au coût ». Face à des productions souvent à petite échelle, la plateforme de visibilité et d’écoulement offerte par Carrefour devient un levier puissant pour générer des économies d’échelle. « Plus on leur donne de la visibilité, plus on leur offre cette plateforme pour pouvoir écouler leurs produits, plus ils pourront faire des économies d’échelle. Qui dit production en quantité dit forcément économie d’échelle. Et ce sont ces économies d’échelle qui vont leur permettre demain d’écraser les coûts et d’avoir des produits beaucoup plus compétitifs tout simplement ». Cette perspective est cruciale pour rendre les produits camerounais plus accessibles et compétitifs sur le marché national et, potentiellement, international. La capacité à produire en volume permet de diluer les coûts fixes par unité, réduisant ainsi le prix de revient et, in fine, le prix de vente, rendant l’offre locale plus attractive face aux importations.

Jean Pierre Mbarga, promoteur de l’association Le Gaci, a souligné l’innovation majeure de cette année : la réponse directe à la problématique récurrente du référencement des produits dans les grandes surfaces, et plus spécifiquement chez Carrefour: « l’innovation cette année est aussi de répondre à la problématique de référencement dans les grandes surfaces et notamment Carrefour. Très souvent, ce sont des questions qui sont posées mais des réponses ne sont pas claires à leur niveau. » Il ajoute que l’objectif est « d’apporter davantage de l’eau à leur vase pour qu’ils puissent savoir que ce ne serait pas étranger pour eux de se retrouver dans les rayons ». Cette initiative reflète une volonté de la part de Carrefour de rendre ses processus plus flexibles et accessibles aux producteurs. En facilitant leur intégration, Carrefour contribue activement à l’économie d’échelle promue par l’État du Cameroun. Le comité d’organisation met un accent particulier sur les questions de normes et de qualité, jouant un rôle essentiel dans l’accompagnement des producteurs pour qu’ils répondent aux exigences des circuits de grande distribution et assurent la pérennité de leur présence sur le marché. Cette synergie entre distributeurs, associations de producteurs et pouvoirs publics dessine un avenir où le “Made in Cameroun » n’est plus une aspiration, mais une réalité commerciale solidement ancrée.

Oscar Abessolo 

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