La visite du chef du gouvernement sur le site de Limbé, dans le département du Fako, le 9 octobre 2025, a été perçue comme un puissant message de réconfort et d’engagement renouvelé, à la faveur de la Société Nationale de Raffinage longtemps mise à l’arrêt suite à un incendie dévastateur en 2019.
Dans un contexte où le Cameroun dépend quasi entièrement des importations de produits pétroliers raffinés, une situation qualifiée d’« anormale » et de « fardeau financier important » par le Premier Ministre, SONARA représente une clé de voûte pour la sécurité énergétique et la souveraineté économique du pays. Six années d’inactivité ont contraint la nation à supporter des coûts d’importation considérables, pesant lourdement sur le budget national et exposant le pays aux aléas des marchés internationaux. « Cette situation est anormale. Nous aurions dû le faire depuis longtemps », a martelé le Premier Ministre, soulignant l’urgence économique que représente la remise en marche de la raffinerie. « En tant que Premier ministre, tant que je serai Premier ministre, je peux apporter mon soutien total à la SONARA », a-t-il déclaré, affirmant ainsi la pérennité de l’appui présidentiel et gouvernemental.
« J’ai constaté que la direction et le personnel de la SONARA sont prêts à prendre les choses en main », a confié le chef du gouvernement, métaphorisant la détermination palpable du personnel à faire renaître la raffinerie. L’accueil réservé à la délégation par les employés et la population locale, ponctué de banderoles et d’acclamations, témoignait de la portée symbolique de cette visite. Cet élan populaire et professionnel traduit l’espoir d’un retour à la normalité pour une industrie vitale.

Le Premier Ministre n’a pas manqué de rappeler le rôle crucial de l’État dans le maintien à flot de SONARA durant ces années difficiles. Ce soutien a permis à la société de conserver sa solvabilité sur le marché monétaire, garantissant ainsi son maintien en vie malgré les défis. « L’État soutient la SONARA, et c’est pourquoi il est possible de continuer à recourir au marché monétaire et à recevoir des fonds des banques, car elles savent que l’État peut s’en sortir en période de difficultés », a-t-il expliqué. Ce mécanisme de soutien est essentiel pour assurer la continuité durant la phase de réhabilitation.
Au-delà du soutien financier, le chef du gouvernement a mis en lumière les risques inhérents à une dépendance excessive vis-à-vis des fournisseurs extérieurs. « Lorsqu’on ne contrôle rien, on est à la merci des fournisseurs », a-t-il averti, évoquant les dangers de pénuries artificielles et de hausses de prix orchestrées, dont le contribuable camerounais finit toujours par faire les frais. La relance de SONARA est vue comme un moyen de reprendre le contrôle de la chaîne d’approvisionnement énergétique nationale et de réaliser des économies substantielles.

Sur le plan technique, des avancées concrètes ont été présentées au Premier Ministre. L’équipe du projet a détaillé l’état d’avancement des travaux de nettoyage du site, désormais achevé, et a exposé le programme d’inspection des équipements. Selon le coordinateur du projet, un suivi méticuleux est en place, avec 441 fiches de support intégrées dans une base de données pour assurer le suivi de chaque composant. Cette rigueur technique permet d’identifier précisément les équipements récupérables et ceux nécessitant une inspection plus poussée. Les plans d’approvisionnement pour les composants critiques sont déjà élaborés, témoignant d’une préparation sérieuse en vue de la reprise des opérations.
La direction de SONARA, quant à elle, a exprimé sa confiance dans l’issue positive du processus de réhabilitation. Des négociations sont en cours avec plusieurs partenaires financiers potentiels qui auraient manifesté un vif intérêt pour le projet. « Nous sommes convaincus qu’avec l’aide de Dieu et la participation de tous, nous relèverons ce grand défi », a déclaré le Directeur Général sous les applaudissements nourris de l’assistance, illustrant l’optimisme partagé face à cette mission capitale pour l’avenir énergétique du Cameroun. La relance de SONARA n’est plus une simple aspiration, mais un projet concret dont les prémices techniques et managériales sont déjà bien engagées.
La visite du Premier Ministre s’inscrit donc comme un marqueur fort de la volonté politique d’aller vite et bien pour redonner à SONARA sa place dans le paysage industriel camerounais. Elle symbolise avant tout la confiance accordée au potentiel du Cameroun à maîtriser ses ressources et à assurer son autosuffisance en produits pétroliers, un objectif stratégique majeur pour le développement durable du pays. L’engagement réaffirmé aujourd’hui promet un avenir plus stable et plus souverain pour le secteur énergétique national.
Oscar Abessolo


